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samedi 5 février 2011

Les Illusions Perdues


Avec Mattéo, récit prévu en quatre époques, Jean-Pierre Gibrat élargit sa toile et peint le portrait en rouge d’une Europe à feu et à sang, déchirée par les combats qui ont marqué la première moitié du XXe siècle.

                Dans le premier volet, nous faisions connaissance avec Mattéo, jeune espagnol exilé en France à la suite des activités anarchistes de son père. Mais, nous sommes en 1914, la guerre arrive et les mobilisations avec. Mattéo, par sa nationalité, y échappe. Tiraillé entre les idéaux parentaux et les reproches à peine voilés de Juliette, sa bien-aimée, il s’engage dans le combat. Il ne trouve dans les tranchées que la mort et l’injustice. Sa mère, profitant de sa permission, le fait passer en Espagne – et en fait un déserteur malgré lui. Deuxième époque, deux ans ont passé. En Russie, c’est la révolution. Mattéo, qui trouve là plus de matière à se battre qu’en 1914, retourne au front. Nouveau décor, nouvelles rencontres. Il fait la connaissance de la belle Léa, acquise à la cause bolchévique, mais une fois encore, les désillusions sont cruelles. La révolution et Léa, toutes deux charmeuses, sont bien plus vénéneuses qu’il n’y paraît…

Gibrat retrouve ses thèmes de prédilection pour cette nouvelle fresque historique : la guerre, l’antimilitarisme, les « petites gens » et, bien sûr, les femmes. Comme toujours, elles jouent un rôle très important, dans l’Histoire comme dans le destin de Mattéo. Qu’elles s’appellent Juliette, Léa ou encore Amélie, ces femmes de caractère illuminent cette sombre période. Peu de surprises donc, mais du grand art, avec un Gibrat au meilleur niveau qu’il s’agisse du dessin, époustouflant et sensible, ou de la narration, très soignée. Page après page, on est happé par ces couleurs, ces visages, on plonge, presque en apnée, dans ce monde chaotique et l’on suit l’auteur où il nous emmène, de l’horreur des tranchées, aux glaces de Russie en passant les vignes de Collioure. L’édition de Futuropolis est encore une fois parfaite, couvertures splendides et papier de haute qualité qui magnifie le dessin.

Au vu de ces deux premiers volumes, il ne fait aucun doute que la suite sera à la hauteur. Il faudra juste un peu de patience pour attendre le prochain rendez-vous avec Mattéo

Mattéo de Jean-Pierre Gibrat, 2 volumes parus chez Futuropolis.


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